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Musique

Instruments


INSTRUMENTS de Capoeira

La capoeira se joue dans la roda au son de divers instruments dont l’ensemble porte le nom de bateria ou orchestre.
Cette bateria est composée de divers instruments afro-brésiliens dont la configuration et le nombre peuvent variés selon le groupe de capoeira, selon les préférences du maîtres, et a beaucoup changé au cours de ce siècle. Aujourd’hui sont communément utilisés trois berimbaus*, un atabaque*, un pandeiro*, un agogô*, et un reco-reco*.

Cependant, dans les groupes de capoeira dite régionale, il est assez rare de noter la présence de ces deux derniers instruments, en revanche présents dans les rodas de capoeira dite angola.

I- Le berimbau

Il est aujourd’hui sans aucun doute et de loin l’instrument principal, l’instrument roi de la capoeira.

« Certains disent qu’il est le plus vieil instrument du monde. L’arc musical est l’ancêtre de nombreux instruments à cordes comme la harpe, la kora -en Afrique noire-, la lyre, la cithare, le violon, la guitare ou encore le violoncelle.
(…)
« Berimbau » en portugais désigne originellement la guimbarde. L’origine du terme berimbau reste inconnue. Peut-être s’est-il appelé ainsi à cause du bois utilisé pour sa fabrication, la « beriba », peut-être parce que dans la langue bantoue -les esclaves bantous ont été déportés en grand nombre au Brésil- on dit « m’birumbao » ou encore peut-être parce qu’avant d’utiliser une calebasse, la bouche servait de caisse de résonance comme pour une guimbarde.

D’une simplicité étonnante, le berimbau c’est comme le dit la chanson : « uma cabaça, um arame, um pedaço de pau », une calebasse montée sur un fil de fer tendu aux extrémités d’un morceau de bois.

Maître Bimba* savait comment le fabriquer : « Le bois devait être du « beriba ». Il le coupait et le laissait sécher derrière la porte quelques jours. Il retirait le arame* des vieux pneus « sans brûler ». Il disait que cet arame était le meilleur qui existe, meilleur que ceux achetés en magasins. La calebasse était coupée avec un couteau bien aiguisé. Ensuite, il retirait les graines et nettoyait la calebasse avec du papier de verre très fin. Seulement alors, après toutes ces précautions, le maître commençait à monter son berimbau. Pas un instrument pour décorer l’appartement de touristes, mais bien pour jouer, pour en tirer un son incroyable. »…

« Le maître n’admettait pas un berimbau peint et disait « il perd la voix ». »

En effet, le berimbau parle disent les grands maîtres, il enseigne (…)

« (…) Dans une roda de capoeira, l’orchestre compte en général trois berimbaus qui sont accordés ensemble et ont chacun un rôle bien précis. Le premier, le plus grave (grosse calebasse), appelé gunga ou berra-boi, a le rôle d’une basse ; il fait la « marcação ». Le second, intermédiaire, appelé berimbau médio, de centro ou encore tout simplement berimbau, double le rythme basique du gunga, comme une guitare rythmique. Et le troisième, le plus aigu, appelé viola ou violinha , improvise, a un rôle de soliste.

En principe, le joueur du berimbau gunga est un maître de capoeira, ou un professeur, en tous les cas, c’est le capoeiriste le plus gradé du groupe.

Le berimbau est maître du jeu et on le respecte comme tel. Certaines règles dans le jeu sont à observer comme par exemple, ne jamais passer devant lui sans se baisser. Les joueurs prêts à entrer dans la roda sont accroupis au pied de l’instrument.

Non seulement le berimbau est l’instrument principal de l’orchestre mais il est aussi la plus haute autorité de la roda. Son pied est la porte d’entrée dans le cercle. Il indique aux joueurs à quel moment ils peuvent commencer le jeu, et s’il interrompt son rythme ou s’il vient à s’abaisser en direction des joueurs pendant que ceux-ci jouent, ils s’arrêteront immédiatement et reviendront au pied de l’instrument.

Le berimbau dans la capoeira fait l’objet d’un immense respect et les capoeiristes doivent toujours rester très attentifs à tout signe de sa part. »

Extrait du livre « Capoeira ou l’art de lutter en dansant » de Cécile Bennegent, éd. Budo, 2006.


II- L’atabaque et le pandeiro (extraits suite)

« Ils servent essentiellement à faire la marcação, c’est-à-dire la base, même s’ils peuvent tout de même faire quelques variations de temps en temps. Ils suivent le rythme du berimbau gunga. »
« L’atabaque est le premier instrument que l’on trouve accompagnant les capoeiristes, comme le prouve les textes et gravures de Rugendas datant du début du 19ème siècle.
Les étymologistes sont d’accord à l’unanimité pour dire que le terme atabaque est d’origine arabe. Toujours selon W. Rego, même si cet instrument était déjà connu des Africains et que certains types d’atabaques venaient d’Afrique, il se rencontrait déjà au Brésil, amené par les portugais pour être utilisé comme le pandeiro dans les cérémonies religieuses. »

Le pandeiro (extraits )

« L’origine du terme pandeiro est un peu controversée (…). Les hypothèses sont nombreuses, mais la plus sensée (…) est l’origine espagnole pandero. Ou l’origine arabe, (…) pandair, qui ne serait selon W. Rego, qu’ « une forme romaine mélangée par les mozarabes pendant l’occupation de la péninsule ibérique ».(…)

« Au Brésil, le pandeiro est entré par la voie portugaise (…) »
« Extrait du livre « Capoeira ou l’art de lutter en dansant », CB, Budo 2006.

III- Agogô et reco-reco

« L’agogô* et le reco-reco* complètent l’orchestre mais leur présence est moins indispensable.
Le premier est formé de deux cloches de fer liées, l’une plus petite que l’autre, sur lesquelles ont frappe en rythme avec une baguette. Il est arrivé au Brésil avec les Africains. Le terme agogô vient de la langue nagô et signifie « cloche ». (…) »

Le reco-reco est fait d’un simple morceau de bambou avec des entailles transversales sur lesquelles on passe une baguette de fer. Comme l’agogô, il accompagne surtout les rodas de capoeira angola.


TOQUES
Extraits Bennegent Cécile, p. 45

« Tout au long de la roda, la musique et le chant ne s’arrêtent jamais. Les morceaux rythmiques s’appellent en capoeira toques. Il en existe divers, typiques du jeu de capoeira angola ou de capoeira régionale.

« Ils sont en relation directe avec le jeu et certains peuvent avoir une signification bien précise. C’est le cas de l’Iúna. Lorsque le berimbau joue Iúna, seuls les maîtres ou les élèves déjà formés, gradés, peuvent entrer dans la roda. Il s’agit d’un toque solennel qui nécessite un jeu que seul le savoir des maîtres peut satisfaire : « um jogo floreio », des mouvements parfaits dans le jeu et une grande fluidité dans les enchaînements. Ce rythme était autrefois joué lors des cérémonies d’enterrement des grands maîtres (…) »



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